Les chevaux de Martine Dubourdieu
Les chevaux
Ils sont là piétinants, le sol de cette terre,
Les naseaux écumants de rage et de dégoût,
Si la bride est serrée et la monture austère,
Ils vont les yeux baissés et pattes dans la boue.
Les chevaux sont partis, un soir au clair de lune
Transportant sur leur dos la liberté, enfin …
Poussières soulevées de haines et d’amertumes
Ils partent sans savoir où mènent leurs chemins …
Vers l’horizon là-bas, celui où la lumière
Les attendent au loin, plus brillant que de l’or
Fatigués, épuisés leur souffle en bandoulière
S‘effiloche en brouillard où frissonne leur corps.
S‘ils ne s’arrêtent pas, la liberté approche,
Elle est là toute près, leur souffle dans la nuit
S‘accentue, puis s’arrête, mais la force s’accroche
A leurs sabots crottés, ils vont chercher l’oubli …
Le vent qui fait flotter leurs crinières ardentes
Donne un flou de douceurs, à la fraîcheur du soir
Les étoiles ont brillé, mais l’haleine fumante
Retrace pour demain le chemin de l’espoir …
DUBOURDIEU Martine

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